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vendredi 31 août 2012

VIVRE SANS ALCOOL

28 LIRE LE MESSAGE DES AA
Pour les êtres humains, nous a-t-on enseigné, la meilleure façon d’apprendre les choses consiste à les voir, à les toucher aussi bien qu’à les entendre ; les lire renforce encore davantage leur imprégnation dans l’esprit humain.
Il existe plusieurs bonnes publications sur l’alcoolisme, comme de moins recommandables. Il peut aussi être avantageux de faire certaines autres lectures, même si les AA n’endossent ou ne contestent aucune publication. Nous possédons les nôtres tout simplement.
Même des alcooliques ayant très peu lu auparavant s’absorbent des heures durant dans la documentation des AA. A n’en pas douter, pour acquérir une vue directe d’ensemble et de la philosophie des AA, il est de beaucoup préférable de recourir à la lecture au lieu de se contenter du ouï-dire occasionnel.

jeudi 30 août 2012

VIVRE SANS ALCOOL

Il est bien reconnu aujourd’hui que la puissance de la volonté en elle-même n’est pas plus efficace pour guérir de l’alcoolisme que du cancer. Notre expérience répétée le confirme abondamment.  La plupart l’ont essayé seuls dans l’espoir de diminuer ou d’arrêter de boire, sans succès dans un sens ou dans l’autre. Malgré cela, il nous a été pénible d’admettre que nous avions besoin d’aide. Pour nous, il s’agissait d’un signe de faiblesse car nous étions sous l’empire d’un autre mythe.
Nous nous sommes finalement demandé : « Ne serait-il pas plus logique de rechercher une source d’énergie plus grande que la nôtre et d’y puiser plutôt que persister dans nos efforts solitaires qui se sont si souvent avérés inefficaces ? » Nous persistons à croire qu’il n’est pas très astucieux de tâtonner dans le noir alors qu’il suffit d’allumer une lampe pour s’éclairer. Nous ne sommes pas devenus abstinents uniquement par nous-mêmes. D’ailleurs ce n’est pas la façon dont nous avons appris à le rester. Pas plus que le plein épanouissement d’une vie sobre n’est le propre d’une seule personne.
Dès que nous avons pu substituer quelques idées nouvelles à nos anciennes, même à titre temporaire, nous avions déjà enclenché le départ vers une nouvelle vie plus heureuse et plus saine. Ce résultat s’est produit pour des milliers d’alcooliques, comme nous, qui croyaient profondément que c’était possible.

mercredi 29 août 2012

VIVRE SANS ALCOOL


Faiblesses ? Il faut nécessairement une forte dose de courage pour affronter cette dure vérité, sans rien oublier ni camoufler par des excuses ou des illusions. (Bien qu’il n’y ait pas matière à se vanter, plusieurs admettent candidement que nous étions les champions mondiaux dans l’art de nous illusionner).

Les préjugés, ont aussi compliqué le processus de notre rétablissement de l’alcoolisme. Comme des millions d’individus qui ont vu quelqu’un boire jusqu’à en mourir, nous nous sommes demandé pourquoi cette personne n’exerçait pas sa force de volonté pour arrêter. Voilà une autre idée dépassée qui persiste depuis notre tendre enfance, alors qu’on nous a présenté des héros à la force surhumaine comme modèles. Il y avait aussi cette légende entretenue par la famille ou le voisinage au sujet de ce cher oncle Joseph. Réputé comme viveur et fêtard pendant des années, il renonça soudain au vin, aux femmes et à la noce vers la cinquantaine pour devenir un modèle d’honnêteté et de droiture sans jamais toucher à une goutte d’alcool.

On s’illusionne dangereusement en, croyant en toute naïveté pouvoir en faire autant. Nous ne sommes que nous-mêmes, sans plus, et non des héros. (Nous ne sommes pas non plus comme grand-père qui, à quatre-vingt-dix ans, buvait toujours son litre quotidien.)

mardi 28 août 2012

VIVRE SANS ALCOOL

Du point de vue médical, boire équivaut à consommer une drogue ; l’ivresse résulte de sa consommation excessive. Son usage abusif nous expose, directement ou indirectement, à des problèmes de toute nature : physique, psychologiques, domestiques, sociaux, financiers, professionnels. Plutôt que de nous arrêter à penser à ce que l’alcool nous a causé, nous commençons à nous soucier de ce qu’il cause à d’autres.
Nous avons découvert que peut souffrir « d’alcoolisme » tout buveur aux prises avec des troubles divers dus à l’alcool. Cette maladie frappe sans tenir compte de l’âge, de la religion, du sexe, de l’intelligence, de la race, de l’équilibre mental, de l’occupation, de la situation familiale, de la condition physique, des habitudes alimentaires, du statut économique ou social ou du tempérament en général. La question n’est pas de savoir combien ou comment vous buvez, quand et pourquoi, mais bel et bien quel effet l’alcool produit sur votre comportement et avec quel résultat.
Avant de pouvoir identifier notre propre maladie, nous avons dû nous départir de ce mythe anachronique voulant que ce soit une marque de faiblesse avilissante que d’admettre que nous ne pouvions plus maîtriser la situation (si jamais nous en avions été capables).

lundi 27 août 2012

VIVRE SANS ALCOOL

Suivant une description scientifique, l’alcool n’est pas seulement une boisson savoureuse qui étanche la soif, mais une drogue qui altère la lucidité. On la retrouve non seulement dans les boissons, mais aussi dans certains aliments et médicaments. Et maintenant, selon les récentes découvertes, les médias nous informent presque quotidiennement qu’elle cause également des ravages physiques encore insoupçonnés (au cœur, au sang, à l’estomac, au foie, à la bouche, au cerveau, etc …)
Les pharmacologues et d’autres spécialistes en toxicomanie soutiennent aujourd’hui qu’on ne doit plus considérer l’alcool comme un produit tout à fait sûr et inoffensif, qu’il soit pris comme breuvage, stimulant, sédatif, tonique ou tranquillisant. D’autre part, l’alcool par lui-même ne cause pas directement et dans tous les cas un tort physique ou une dégradation mentale. Il semble bien que la plupart des gens peuvent en faire un usage modéré sans se nuire ou nuire à d’autres.

dimanche 26 août 2012

VIVRE SANS ALCOOL

Lorsque nous avons entendu pour la première fois le mot « alcoolique », nous l’avons associé exclusivement à ces hommes âgés, déguenillés, tremblotants et répugnants, que nous avons vus mendiants ou ivres morts dans les quartiers mal famés. Les gens bien informés savent aujourd’hui que ces notions sont absurdes.
Néanmoins, lors de nos premiers efforts vers l’abstinence, ces notions dépassées et sordides n’étaient pas tout à fait dissipées de notre esprit. Elles nous embrouillaient, rendant la vérité difficile à percevoir. Mais nous en sommes venus à accepter de croire qu’il était possible que certaines de ces idées pouvaient être un tant soit peu erronées, ou du moins, qu’elles ne reflétaient plus exactement notre expérience personnelle.
Lorsque nous avons consenti à regarder en face notre expérience et à écouter l’opinion des autres, nous avons eu accès à un vaste éventail d’informations que nous n’avions jamais considérées attentivement jusque-là.

samedi 25 août 2012

VIVRE SANS ALCOOL

Notre attitude envers l’alcool peut avoir été simplement un automatisme, un genre de conformisme inconscient à l’opinion générale. Pour la majorité des gens, l’alcool fait partie intégrante de la vie sociale, comme passe-temps inoffensif et agréable entre amis à certaines occasions et à certains endroits spécifiques. Pour d’autres, l’alcool accompagne obligatoirement un bon repas. Mais, aujourd’hui, nous nous demandons : est-ce vraiment impossible sans alcool, de jouir des plaisirs de l’amitié et de la bonne chère ? Notre propre façon de boire a-t-elle été un atout pour nos relations sociales ? Notre goût de la fine cuisine en a-t-il été amélioré ?
La notion d’ivresse produit des réactions encore plus fortes, favorables ou non. S’enivrer est considéré, soit comme une partie de plaisir, soit comme une déchéance. L’idée même de s’enivrer répugne à bien des gens pour différentes raisons. Quant à nous, nous recherchions cet état, non seulement parce que les gens s’attendaient à nous voir ivres et que nous en aimions la sensation, mais aussi parce que les vedettes l’avaient glorifié. Certains sont intolérants envers ceux qui ne s’enivrent jamais ; d’autres méprisent ceux qui s’enivrent trop. Jusqu’ici, les découvertes médicales contemporaines ont exercé bien peu d’influence sur ces attitudes.