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mardi 29 mai 2012

VIVRE SANS ALCOOL

Faisons le point. Nous sommes-nous abstenus de  prendre un verre durant le présent « 24-heures » ? Nous devons alors nous en féliciter. Nous sommes-nous nourris convenablement aujourd’hui ? Avons-nous essayé de remplir nos obligations ? En somme, avons-nous aujourd’hui fait tout ce que nous pouvions, et le mieux possible ? Si oui, c’est tout ce que nous pouvons raisonnablement exiger.
Il est possible que nous ne pouvions répondre dans l’affirmative à toutes ces questions. Nous avons pu, tout en sachant mieux, faillir quelque part, régresser un peu, en pensée ou en action. Et puis après ? Nous ne sommes pas des créatures parfaites. Nous devrions nous satisfaire d’un modeste progrès plutôt que nous lamenter sur notre manquement à la perfection.

lundi 28 mai 2012

VIVRE SANS ALCOOL

Il est tout à fait indiqué de se rappeler que les excès d’alcool causent des dommages sérieux à notre organisme, qu’ils laissent des séquelles dont nous mettrons des mois ou des années à nous remettre. Personne ne devient un alcoolique en quelques semaines seulement (enfin, presque personne). Nous ne pouvons pas non plus nous attendre à nous rétablir instantanément, comme par magie.
C’est lorsque le découragement nous guette que nous devons nous stimuler. Plusieurs ont trouvé bénéfique de se féliciter et de s’enorgueillir du progrès déjà accompli, sans pour cela tomber dans la suffisance ou la vanité excessive.

dimanche 27 mai 2012

VIVRE SANS ALCOOL

C’est précisément à ce stade que nous pouvons commencer à nous traiter avec indulgence, sinon bienveillance. Nous n’exigerions pas plus qu’un effort raisonnable d’un enfant ou d’une personne handicapée. Il nous semble donc que nous n’avons pas davantage le droit d’exiger des miracles de la part des alcooliques en rétablissement que nous sommes.
Impatients d’être complètement rétablis le mardi, nous commençons à nous faire des reproches lorsque le mercredi nous voit encore convalescents. Il est alors opportun de prendre du recul et de nous voir le plus objectivement possible avec détachement. Quel serait notre attitude envers un être cher ou un ami malade qui, se décourageant de la lenteur de sa guérison, commencerait à refuser les médicaments ?

samedi 26 mai 2012

VIVRE SANS ALCOOL

On dit souvent que les buveurs maladifs sont des perfectionnistes tolérant mal toute imperfection, surtout les leurs. Nous étant imposés à nous-mêmes des objectifs impossibles, nous n’en continuons pas moins à les poursuivre avec acharnement, en dépit de leur inaccessibilité.
Et puis, comme aucun être humain n’est capable de respecter les normes extrêmement exigeantes que nous imposons souvent, nous échouons, comme échouent tous ceux dont les objectifs ne sont pas réalistes. Suivent alors découragement et dépression. Et nous nous punissons sévèrement de n’être pas plus que parfaits.

vendredi 25 mai 2012

VIVRE SANS ALCOOL

A cause de la honte et des stigmates encore rattachés à l’alcoolisme par ceux qui ignorent la nature de cette maladie (et nous étions de ce nombre avant d’être mieux informés), nous n’étions pas très indulgents envers nous-mêmes aux lendemains de nos cuites. Nous acceptions d’endurer notre mal en nous disant que nous devions bien « payer la note » en rémission de nos égarements.
Sachant maintenant que l’alcoolisme ne comporte rien d’immoral, nous trouvons donc indispensable de corriger nos attitudes. Nous nous sommes rendus compte que l’une des personnes les moins portées à traiter l’alcoolique comme un malade, c’est assez paradoxalement, l’alcoolique lui-même. Encore une fois, nos anciennes façons de penser refont surface.

jeudi 24 mai 2012

VIVRE SANS ALCOOL

16 ÊTRE BON ENVERS SOI-MÊME
Lorsqu’un être cher ou un ami précieux relève d’une grave maladie, nous tâchons ordinairement de l’entourer de ce que toute bonne infirmière appelle S.T.T. (soins tendres et affectueux). Nous dorlotons un enfant malade, lui apprêtant ses mets préférés et lui procurant du plaisir pour l’aider à se rétablir.
Se rétablir de la maladie de l’alcoolisme nécessite un certain temps et le malade en voie de rétablissement mérite de la considération ainsi qu’une généreuse mesure de S.T.A.
Autrefois, les gens croyaient facilement que ceux qui se rétablissaient de certains maux avaient mérité leur souffrance puisqu’ils s’étaient, croyait-on, délibérément infligés cette maladie par pur égoïsme.

mercredi 23 mai 2012

VIVRE SANS ALCOOL

Une activité physique légère peut aussi faire beaucoup de bien. Qu’il s’agisse de l’exercice déjà mentionné, de respirations profondes, d’un bain chaud et, (en privé) de coups sur une chaise ou un coussin en criant, tous ces gestes ont contribué à délivrer une foule de gens de la colère.
Il semble rarement recommandable de se contenter de réprimer, d’étouffer ou de contenir sa colère. Au contraire,  il nous faut apprendre, non pas à la combattre mais à faire quelque chose à son sujet. Sinon, nous multiplions dangereusement les risques de retourner boire.
En tant que profanes qui n’avons d’autre science que notre propre expérience, et comme alcooliques rétablis, nous n’avons aucune connaissance clinique et ne disposons d’aucune théorie scientifique en cette matière. rares sont les gens qui, ayant connu un lendemain de veille, peuvent oublier l’irascibilité stupide qui l’accompagnait. Il nous arrivait parfois de nous en prendre aux membres de notre famille, à nos compagnons de travail, à nos amis ou à de purs étrangers qui n’avaient sûrement pas mérité notre emportement. Comme la fumée qui flottait au plafond d’un bar clos, au temps de notre alcoolisme actif, nous conservions ce travers un certain temps après avoir connu l’abstinence, jusqu’à ce que nous procédions à l’anéantissement de notre esprit.