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lundi 14 décembre 2009

La question de la PEUR - 7


Heureusement, cette phase de vanité plutôt flagrante qui a duré quelques années a été suivie par une série de malheurs. Je recherchais l’approbation des autres, par peur évidemment de ne pas en avoir assez, et j’ai commencé à me heurter aux membres qui avaient les mêmes tendances que moi. Par conséquent, ceux-ci se sont mis à vouloir protéger le mouvement de mon influence, et j’ai fait la même chose vis-à-vis d’eux. C’était devenu notre occupation principale. Comme de raison, il en est résulté de la colère, des soupçons et toutes sortes d’épisodes terrifiants ? C’est à cette époque particulière, et aujourd’hui plutôt amusante, de notre histoire que nombre d’entre nous ont recommencé à se prendre pour Dieu. Pendant quelques années, les AA assoiffés de pouvoir s’en sont donnés à cœur joie. Pourtant, c’est dans ce contexte redoutable que furent formulées les Douze Etapes et les Douze Traditions des AA. Ces principes étaient essentiellement destinés à réduire notre ego, et donc à réduire nos peurs. Nous espérions qu’ils allaient nous garder dans l’unité et dans un amour toujours plus grand les uns envers les autres, et envers Dieu.
Nous avons appris graduellement à accepter les défauts et les vertus des autres. C’est à cette époque qu’est née cette formule forte et pleine de sens : « Sachons toujours aimer chez les autres ce qu’il y a de mieux en nous, et ne jamais craindre ce qu’il y a de pire. » Après une dizaine d’années passées à essayer d’insuffler à notre association cette sorte d’amour et à appliquer les Douze Etapes et les Traditions à la réduction des egos, nous avons cessé d’avoir peur pour la survie de mouvement.

dimanche 13 décembre 2009

La question de la PEUR - 6


Il se trouve que ma propre inspiration spirituelle m’est venue en un éclair de façon absolument convaincante. Je suis soudainement devenue une partie, une partie minuscule, d’un univers régi par la justice et l’amour de Dieu. Les conséquences de mon entêtement et de mon ignorance ou de ceux de mes semblables sur terre, ne changeaient rien à cette vérité. J’avais une certitude nouvelle et absolue qui ne m’a jamais quitté depuis. Il m’a été donné d’apercevoir, au moins pendant un moment, ce qu’était l’absence de peur. Evidemment, le don de la foi que j’ai reçu ne diffère pas essentiellement du réveil spirituel qu’ont connu d’innombrables membres des AA. Il fut tout simplement plus soudain.
Malgré son importance, cette nouvelle façon de voir les choses ne constituait pour moi que le point de départ d’une longue marche qui conduit de la peur à l’amour. MA vieille anxiété, profondément ancrée, n’est pas disparue à jamais en un instant. Elle réapparaissait, et parfois de façon alarmantes.
Ayant été gratifié d’une expérience spirituelle aussi spectaculaire, il n’est pas surprenant que la première phase de ma vie chez les AA ait été marquée par beaucoup d’orgueil et de soif du pouvoir. Je voulais absolument mener les autres, avoir leur approbation, être le chef. Bien plus, je pouvais maintenant justifier mon comportement : j’agissais pour la bonne cause !

samedi 12 décembre 2009

La question de la PEUR - 5


Carl Jung, l’un des trois fondateurs de la psychologie moderne de l’inconscient, avait une conviction profonde au sujet du grand dilemme du monde actuel. Il pensait que toute personne qui atteint la quarantaine sans parvenir à comprendre qui elle est, où elle est et où elle va ne peut éviter de devenir plus ou moins névrotique. Cela est vrai, que ses pulsion sexuelles de jeunesse, sa soif de sécurité matérielle ou son désir d’occuper une place dans la société aient été satisfaits ou non. Quand ce bon docteur dit « névrotique », il pourrait tout aussi bien dire « paralysé par la peur ».

Voilà précisément pourquoi, chez les AA, nous accordons tant d’importance à la nécessité de croire en une puissance supérieure, que nous définissons à notre manière. Nous devons apprendre à vivre dans un univers spirituel de grâce qui représente certainement une nouvelle dimension pour la plupart d’entre nous. Nous découvrons avec surprise que la recherche de ce royaume n’est pas si difficile. Nous commençons d’habitude à y entrer consciemment dès que nous avouons sincèrement notre impuissance à continuer seul et que nous faisons appel à un Dieu, quel qu’il soit ou puisse être. Il en résulte le don de la foi et le sentiment qu’il existe une puissance supérieure. La foi grandit, et aussi la sécurité intérieure. La grande peur sous-jacente du néant commence à se résorber. C’est pourquoi les AA croient que le principal antidote contre la peur est le réveil spirituel.

vendredi 11 décembre 2009

La question de la PEUR selon Bill - 4


Ce faux antidote contre la peur est vite devenu une habitude de plus en plus profondément ancrée en moi. Elle m’a suivi pendant mes études, pendant la Première Guerre mondiale, tout au long de ma carrière mouvementée de buveur à Wall Street, et enfin jusqu’à mon effondrement total. À ce moment-là, l’adversité ne me stimulait plus et je ne savais pas si ma plus grande peur était de vivre ou de mourir.

Même si la peur que j’ai connue est très répandue, il y en a évidemment beaucoup d’autres sortes. Les manifestations de la peur et les problèmes qu’elles entraînent son si nombreux et si complexes qu’il est impossible, dans ce court article, de les examiner en détail. Nous devons nous contenter de passer en revue les outils et les principes spirituels qui peuvent nous permettre de faire face à la peur sous toutes ses formes.
Pour ma part, j’ai commencé à me libérer de la peur par la foi. Cette foi m’amène à croire, en dépit de toutes les indications contraires dans le monde, que je vis dans un univers qui a un sens. Elle se traduit, pour moi, en la croyance en un Créateur tout-puissant qui est justice et amour, un Dieu qui a pour moi un but, un sens et une destinée : tendre, même lentement, même en hésitant, vers son image et sa ressemblance. Avant d’avoir la foi, je vivais comme un extra-terrestre dans un univers qui trop souvent me semblait hostile et cruel. Je ne pouvais y trouver aucune sécurité intérieure.

jeudi 10 décembre 2009

La question de la PEUR - 3


Enfant, j’ai connu quelques chocs émotifs assez graves. Il y avait beaucoup de problèmes dans ma famille, j’étais gauche physiquement, etc. Il y a d’autres enfants qui connaissent ces handicaps émotifs et qui s’en sortent indemnes. Pas moi. J’étais évidemment trop sensible et par conséquent trop peureux. J’ai développé une réelle phobie, celle de ne pas être comme les autres jeunes et de ne jamais pouvoir le devenir. Elle m’a d’abord conduit à la dépression, et je me suis isolé.
Toutes ces détresses d’enfant engendrée par la peur sont devenues insupportable au point de me rendre très agressif. Croyant que je ne serais jamais accepté nulle part et jurant de ne jamais me contenter d’une position inférieure, j’ai cru que je devais dominer en tout, au jeu comme au travail. Quand cette séduisante formule pour mener une belle vie a commencé à réussir, selon mes critères de réussite, j’ai été transporté de joie. Par contre, s’il m’arrivait d’échouer dans une entreprise, j’étais rempli d’un ressentiment et d’une dépression que seul mon prochain succès pouvait guérir. Très tôt, j’ai donc tout évalué comme des victoires ou des défaites. C’était tout ou rien. Ma seule satisfaction était de gagner.

mercredi 9 décembre 2009

La question de LA PEUR - 2


La libération de la peur est l’affaire de toute une vie, une entreprise qu’on ne peut jamais mener totalement à terme. Quand nouys sommes rudement attaqués, gravement malades, ou dans une situation de grande insécurité, nous réagissons bien ou mal, selon les cas. Seuls les vaniteux déclarent être totalement libérés de la peur, mais leur suffisance même est ancrée dans des peurs temporairement oubliées.
Il y a donc deux choses à faire devant le problème de la peur. Nous devons tenter de nous libérer du plus grand nombre de peurs possibles. Puis, nous devons chercher le courage et la grâce de faire face de façon constructive à celles qui restent. Chercher à comprendre nos peurs et celles des autres n’est que la première étape. La grande question est de savoir quoi faire ensuite.
Depuis les débuts du mouvement, j’ai pu observer des milliers de membres qui devenaient de plus en plus capables de comprendre et de surmonter leurs peurs. Leur exemple m’a toujours aidé et encouragé. Il se peut donc que ma propre expérience de la peur et de son élimination partielle aide aussi quelqu’un.

mardi 8 décembre 2009

La question de LA PEUR - 1

La question de LA PEUR par Bill

Il est dit dans le livre des AA que la peur est le fil pourri et corrosif qui forme la trame de notre existence. Il est certain que la peur freine la raison et l’amour, et elle déclenche invariablement la colère, l’orgueil et l’agressivité. Elle sous-tend la culpabilité larmoyante et la dépression paralysante. Le président Roosvelt faisait un jour cette sage remarque : « nous n’avons rien à craindre que la peur elle-même. »


Voilà un jugement sévère, et peut-être un peu trop catégorique. Malgré son côté destructeur, la peur peut aussi être le point de départ de choses positives. Elle peut être un premier pas vers la prudence et le respect des autres. Elle peut indiquer aussi bien la voie de la justice que celle de la haine. Plus nous aurons le sens du respect et de la justice, plus nous trouverons cet amour qui peut endurer beaucoup, tout en étant donné gratuitement. La peur n’a pas à être toujours destructrice si les leçons qu’elle nous enseigne peuvent mener à des valeurs positives.